Pourquoi écrit-on des histoires ? Je ne sais pas pour les autres.  Moi, c’est parce qu’à un moment donné, il faut qu’elles prennent vie sur papier. Elles tournent, tournent dans ma tête (vous savez, les films dans le cinéma) et à un moment donné, il faut que je les fasse vivre. Mes personnages deviennent des copains, je n’ai même pas conscience de les inventer tellement ils paraissent réels. Mathilde me trotte depuis longtemps dans la tête. Il y a quelques versions d’elle dans d’autres de mes histoires. Elles sont différentes mais possèdent toutes les mêmes points communs.

                      

Mathilde, dans « Jeux de rôles » a un peu plus de 10 ans et demi lorsque le hasard (ce mauvais farceur) la plonge dans un cauchemar qui va durer deux ans et des poussières. Elle devient le jouet d’un roi fou incontrôlable. En revanche, là où un gosse normal aurait échoué à contrer ce roitelet largué, elle, elle gagne la partie. Pourquoi ? Parce qu’elle ne possède pas la même approche du monde que les autres enfants. Elle chimérise, cogite, invente. Elle a des parents sans toutefois connaître exactement la définition de ce mot. Ou plutôt, elle en devine une vague idée le jour où elle va en maternelle, puis en CP. Bizarrement, elle se rend compte que les parents des autres, comme dans les dessins animés ou les séries à la télé, aiment leur progéniture. Elle avait toujours pris ça pour une légende. Faux.  Ses parents à elle (Geneviève et Raymond), sans êtres mauvais, restent indifférents. Ils  l’ont eu par hasard, certainement pas volontairement. Ils ont fait avec. Ils auraient été mieux sans. Sacré hasard. Mauvais farceur.   

 

Lorsqu’elle tombe dans les griffes du roi fou, son imagination prend le dessus. Les chimères deviennent réelles. Un héros de feuilleton deviendra alors son sauveur. Un père par procuration. Lorsqu’il l’aide à sortir de l’enfer, elle rencontre Martin, Jean et Hubert. Martin est un écorché vif. Le roi fou lui a pris sa femme et sa fille, depuis, il vit en parenthèse, marinant dans sa haine. Un vrai ours, coupé de tout … mais Mathilde l’aime comme un père. Père, ce mot qu’elle ne sait même pas prononcer. Entre ces deux êtres, un lien se noue de façon innée. En revanche, tous deux ont mis tellement de barrières entre eux qu’ils ne savent pas trop comment s’apprivoiser.  D’autres se chargeront de les aider. Jean, tout d’abord, l’ami de Martin. Toujours fidèle, comme un saint Bernard. Hubert, ensuite, ce détective nonchalant aux faux airs à la Gaston Lagaffe. Redoutable dans son travail. Efficace. Très. Suivra Antoine, le policer, indirectement lié, lui aussi, au roitelet largué. Enfin une chimère, création de Mathilde. A eux tous, ils viendront à bout du roitelet largué, dans un parcours semé d’embûches.

 

Vous pouvez trouver ce roman en ligne, sur le site des éditions Assyelle, ou encore sur le site Amazon.fr.

 

Voici la première couverture du livre :

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Au départ, j'avais vu la couverture un peu comme Mathilde : Côté face, sur l'image, on ne voit rien d'autre qu'une gamine entourée des trois personnages centraux du livre. Côté pile, en ouvrant le livre, on découvre alors l'horreur, un univers sombre qu'éclairent malgré tout les personnages de l'histoire. 

 

Puis est née en juillet cette nouvelle couverture :

 
 

Mr Lauret m'a contactée par mail en février dernier pour m'informer que les éditions Assyelle venaient de signer un contrat de diffusion pour leurs ouvrages vers le Canada francophone. A cette occasion, il m'a fait part de son intention de relancer "Jeux de rôles" avec une nouvelle couverture, plus en accord avec le thème de l'histoire. Je suis tout de suite tombée d'accord avec lui. Je me suis alors mise en rapport avec Patrick Lagadec, cet ami génial qui me dessine les couvertures de mes livres, et je lui ai soumis des idées. Noires. Gores. Finis les faux semblant, au placard les costumes. Patrick a dessiné une des scènes de folie du royaume du roitelet largué. Le dessin a évolué grâce aux conseils de Mr Lauret. Nous sommes passés du noir et blanc à la couleur. Son idée, ensuite, était d'utiliser une vue du dessin de Patrick comme un médaillon, arrondi et allongé, posé sur un fond noir.  Dans l'esprit des couvertures de "Millenium". 

Je dois dire que j'adore le résultat final. Je me rappelle m'être sentie toute timide lorsque j'ai sorti de leur cartons les exemplaires envoyés par Mr Lauret. Le livre paraissait tellement différent... pourtant, Mathilde, les copains, tout le monde se trouvait là comme avant. Et pourtant pas comme avant. Grâce à la couverture.

Et vous, amis visiteurs, qu'en pensez-vous ? N'hésitez pas à donner vos impressions. 

 
 

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Petit extrait...

Bonjour, moi c'est Mathilde. J'ai eu 13 ans le 3 mars dernier. Je sais qu'on est en mars maintenant, parce que je l'ai vu sur le calendrier posé sur le bureau de Zorglub. Ah, oui, c'est vrai, pour ceux qui ne connaissent pas Zorglub, il faut que je vous dise que c'est un des personnages de Franquin et Greg. Vous savez, les créateurs de Spirou et Fantasio. Ne cherchez pas, c'est pas de ma génération, peut-être même pas de la vôtre, vous qui me lisez… Ben oui, vous me lisez, puisque vous avez trouvé ce carnet..... C'est Raymond qui me les a fait connaître. Enfin, disons plutôt que c'est moi qui ai pioché dans sa collection, parce que je ne crois pas que l'idée lui serait venue de lui-même. Pas méchant pour un sou, Raymond, mais à part Geneviève, il n'y avait pas grand monde qui l'intéressait. Je suis bête : avant de vous parler de Zorglub, il faut peut-être que je vous parle de mes parents, Raymond et Geneviève. Faut m'excuser, c'est la première fois que je tiens un journal, alors forcément, ça part un peu dans tous les sens. Et puis ça faisait tellement longtemps que je n'avais pas écrit que j'avais peur d'avoir oublié ! Ben non, faut croire que c'est comme le vélo. Enfin, je sors cette expression, mais je n'ai jamais fait de vélo de ma vie. Peut-être que j'apprendrai si j'arrive un jour à partir d’ici.....

//Ici, je suis sûre que ce n’est pas la France. Au début je croyais que c'était l'Allemagne, à cause du premier jeu où « ils » nous ont fourrés. Mince, tout avait l'air si réel que j'ai vraiment pensé que Raymond avait eu un accident de voiture, qu'il nous avait tous tués et qu'on était en enfer ! Et puis après, je me suis dit que ça ne pouvait pas être ça. Après tout, à l'époque, j'avais beau avoir 10 ans et demi, je n'avais jamais rien fait qui puisse me faire atterrir en enfer. Pareil pour Raymond et Geneviève. Ils n'ont jamais été les parents de l'année, mais ils ne m'ont jamais fait de mal. Ils étaient juste... indifférents...

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Des nouvelles du Canada

Bon, il faut croire que Jeux de rôles ne fera pas tâche d'encre (sans mauvais jeux de mots) chez nos amis canadiens. J'ai reçu il y a deux mois un mail de Mr Lauret, éditeur des éditions Assyelle, qui m'a informée que  " L'ouvrage s'était finalement assez bien vendu au Canada francophone, (Région de Montréal) en dépit du fait que son distributeur là-bas (L'Arche du livre...) avait finalement disparu et ne donnait plus de ses nouvelles..." Il restait à Mr Lauret deux titres là-bas en souffrance, en plus du mien, "tous tombés dans une trappe"... C'est tout moi, ça, une vraie porte-poisse... J'ai la chance extraordinaire que "Jeux de rôles"  s'exporte au Canada  et il faut que le distributeur local lève les voiles et emmène son arche vers d'autres rivages. Je lui enverrais bien Armand aux basques pour lui apprendre les bonnes manières à ce goujat... m'enfin. Tant pis, je continue quand même d'écrire le dernier opus des copains, juste par plaisir. C'est l'histoire derrière l'histoire, les personnages sont amenés à se dévoiler un peu plus, le père d'Armand mettra même le bout de son nez parmi les copains, un type épatant.

Vous voyez, les amis, il y a toujours des histoires derrière les histoires, c'est ce qui nous pousse à continuer...

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